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GEOLOGIE |
Sur une coupe N-S les grandes lignes de la géographie et de la géologie de l’Hérault sont simples. On y reconnaît trois paliers et trois ensembles géologiques: le massif de l’Aigoual (bord sud du Massif Central) avec ses schistes et granites de la Chaîne Hercynienne (Primaire), le plateau du Larzac constitué de roches sédimentaires carbonatées (calcaires et dolomies) du Secondaire et enfin les plaines côtières avec leurs sédiments marins argilo gréseux plus récents (Tertiaire et Quaternaire). Les blocs de l’Aigoual (1.500 m) et du Larzac (700 m) ont été soulevés par de grandes failles orientées SW-NE au Tertiaire ; leurs paysages ont ensuite été sculptés par l’érosion.
Le socle Primaire comprend des terrains sédimentaires très anciens (plus de 500 M) qui ont été plissés, métamorphisés et envahis par des granites au cours de la formation de la Chaîne Hercynienne entre -350 et -300 Ma. Il faudra plus de 50 Ma pour éroder les reliefs montagneux et en faire une pénéplaine. Les produits de démantèlement (galets, sables et argiles) seront transportés par des fleuves pour remplir, vers le Sud, des bassins marécageux riches en végétaux (bassins houillers) puis de vastes deltas au climat tropical (grès rouges ou « ruffes » du Salagou).
Nous avons vu que le socle Primaire affleure largement au Nord du Larzac (Aigoual, Horst de St Bresson) et aussi à l’Ouest (Montagne Noire); il a été aussi reconnu par sondage à près de 500 m de profondeur sous le causse et, enfin, on le retrouve discrètement au pied du bord Sud (Nord du bassin de Lodève).
Le socle Primaire de notre région renferme de nombreuses minéralisations métalliques surtout des filons et amas de sulfures de plomb argentifère, de zinc et de cuivre ainsi que des minéralisations d’or ou d’antimoine . La minéralisation de cuivre de Cabrière a été exploitée dès le Néolithique (-3.000 ans) ; les minéralisations de plomb argentifère ont eu une importance très grande à l’époque romaine (région d’Avène) puis au Moyen âge pour l’argent (XI°-XIV° St Laurent le Minier). À l’époque moderne (XIX°-XX°), la mine des Malines (St Laurent le Minier) a été le plus gros gisement de Zn-Pb de France (1 Mt méta Zn+Pb). Les filons et amas de barytine (sulfate de baryum) ont eu peu d’intérêt économique.
Le
bassin Houiller de Graissesac a été exploité à la grande époque
du charbon.
L’uranium
des formations Permiennes de la base du bassin du Salagou (Mas Alary)
a été extrait dans les années 80.
La couverture Secondaire
Le socle Primaire pénéplané va d’abord être recouvert en discordance majeure par des couches de sable, galets et argiles déposés par des fleuves venant du Nord; ce sont les dépôts du Trias (-250 à -200 Ma). Au Trias supérieur, la sédimentation devient saumâtre et littorale puis la mer va s’installer pendant près de 70 Ma (Jurassique). C’est une mer peu profonde et chaude comme en témoignent les récifs coralliens visibles sur la Séranne. Grâce à l’activité biologique marine ce sont essentiellement des boues calcaires riches en carbonate de calcium et avec des fossiles (ammonites, oursins, coquillages, etc.) qui vont s’accumuler en couches successives ; localement les dépôts sont plus argileux et riches en matière organique. À tous les niveaux on observe de fortes variations de faciès et d’épaisseur qui permettent de définir des zones plus profondes ou même des zones émergées ; cela montre que le socle a été soulevé ou abaissé par des failles pendant la sédimentation marine. Les sédiments carbonatés calcaires ont été ensuite compactés et localement transformés, au contact d’eaux magnésiennes, en dolomies (carbonates de calcium magnésium). La mer se retire ; au Crétacé le Larzac est émergé ; le domaine marin perdure au pied du Larzac au début du Crétacé puis devient une terre émergée habitée par les derniers dinosaures (Mèze).
Le Causse du Larzac est donc constitué pour l’essentiel de roches carbonatées du Jurassique sur environ 400 m d’épaisseur.
Les minéralisations de sulfures métalliques (Pb-Zn) ont été largement exploitées dans le district minier des Malines (St Laurent du Minier), dans le Trias comme dans le Jurassique ; il y a eu aussi des recherches et de petites exploitations près de Soubès et dans la vallée de la Vis. Dans cette dernière on cite quelques indices d’hydrocarbures. Pendant l’émersion Crétacée, l’altération d’argiles a produit des oxydes d’aluminium qui ont été transportés et piégés dans des karsts de la surface carbonatée pour former des poches de bauxite (minerai d’aluminium) exploitées à La Boissière, Villeveyrac et Bédarieux dans les années 60. Enfin, les calcaires lithographiques (pierre à graver) du Jurassique supérieur ont été exploités en carrière à Montdardier et sur le bord Nord de la Séranne.
L’évolution Tertiaire et Quaternaire
Au début du Tertiaire, la formation des Pyrénées (-65 à -35 Ma) entraîne un soulèvement du Massif Central et des plis dans notre région (Pic Saint Loup) ; le tout est suivi par des effondrements et un retour de la mer au Miocène (de -25 à –6 Ma) jusqu’au pied du Larzac (Arboras). Au Pliocène et Quaternaire, l’évolution continentale va modeler nos paysages actuels : surfaces aplanies, creusements de vallées en fonction des variations du niveau de la Méditerranée. C’est aussi une période de mise en place d’un alignement N-S de volcans basaltiques (entre 2 et 0,5 Ma) depuis Agde jusqu’au Sud du Larzac (Escandorgue).
Le paysage si particulier du Larzac s’explique par sa nature carbonatée et par une longue évolution continentale. La dissolution des carbonates par l’eau de pluie creusant en surface des dolines et des sotchs (Sorbs) remplis de terres rouges, de très nombreux avens, des « poljés » (vaste dépression comme celle de St Maurice à La Vacquerie) et des paléo vallées (le Coulet, les Nages). En profondeur, il se forme des réseaux karstiques très complexes qui drainent les eaux de surface, et parfois vident des cours d’eau (perte), jusqu’à des résurgences au pied du plateau (la Clamouse) ou au fond des vallées (la Fous). Plusieurs cycles de circulation des eaux et de creusement des roches se sont succédé (en fonction des variations relatives du niveau de la mer) laissant sur la surface du plateau différents dépôts fluviatiles (albarons), sur creusant les vallées et créant en profondeur plusieurs systèmes karstiques étagés. Le sur creusement de la Vis (cirque de Navacelles) s’est fait récemment en moins de 10.000 ans.
L’histoire
de l’activité humaine sur la Plateau du Larzac
a été largement conditionnée par ce contexte géologique: causse
carbonaté pauvre en terre cultivable, pauvre en eau (le plateau est
une passoire !), pauvre en ressources minérales (mis à part St
Laurent le Minier !). Un cadre rude façonnant des paysages et
des gens de caractère
Mt métal : Million de tonnes de métal
Ma : Million d’années

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